• En explorant les nuances de l'hybridité poétique africaine francophone, tu affines ton analyse critique et approfondis ta compréhension des entrecroisements culturels.
    • Lire, étudier, comparer

      Lis attentivement les deux poèmes en repérant les ressemblances, les dissemblances puis fais le test.

      Donc fichu mon destin sauvez seul mon cerveau

      Laissez-moi un atout rien qu'un cerveau d'enfant !
      Où le soleil courait comme un crabe embêtant
      Où les mers refluaient m'habillaient de coraux...

      Ils ne conviendront pas qu'enfant j'eus les boyaux
      durs comme fer et la jambe raide et clopant
      j'allais terrible et noir et fièvre dans le vent
      L'esprit, un roc, m'y faisait entrevoir une eau ;

      Et ceux qui s'y baignaient se muaient en soleil
      Je m'élançais vers eux des crocs de mon sommeil
      Dans ce rut fabuleux ma tête s'est fêlée...

      Donc fichu mon destin l'eau qui rouille le fer...
      d'un clair de lune froid monte une terre ourlée
      le soleil vrille encor franc dans mon poitrail clair.

      Le mauvais sang, 1955, no XVII, p. 27. de Tchicaya U Tam'si


      J'ai de mes ancêtres gaulois l'œil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure.
      Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps.
      D'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilège ; - oh ! tous les vices, colère, luxure, - magnifique, la luxure ; - surtout mensonge et paresse.
      J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. - Quel siècle à mains ! - Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal.
      Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. - J'entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l'Homme. - J'ai connu chaque fils de famille !

      Arthur Rimbaud, Mauvais sang, Une saison en enfer, 1873


      Joue au jeu des ressemblances et des dissemblances

    • Écouter, mémoriser, comparer

      Prends connaissance des éléments biographiques pour te mettre dans le contexte avant de faire une étude comparative des deux poèmes. 

    • Défi 

      Élargis ta culture en découvrant des auteurs du continent africain qui ont fortement influencé la littérature mondiale. Ton défi consiste à te plonger dans une lecture dense et à mesurer tes capacités à retenir l'information.